Thomas parle d’amour
Thomas Reudet / Cie Attention Fragile—Cheptel Aleikoum
Arts du cirque
À PLAISANCE DU GERS (boulodrome) : mercredi 30 avril à 21h
À FLEURANCE : samedi 3 mai à 18h
À AUCH (Centre Cuzin) : mardi 6 mai à 21h
À SEISSAN (halle au gras) : vendredi 9 mai à 21h
Accès libre—places limitées—réservations obligatoires au 05 62 61 65 00
Durée : 1h – Tout public à partir de 8 ans
C’est un homme, il est venu au milieu de la piste. Personne ne l’y
obligeait, il est venu de son plein gré.
Il est venu parce qu’il avait envie de raconter des histoires.
Comme il ne savait pas comment, il a tout apporté, il n’a rien laissé au
vestiaire. il a pris ses accessoires, ses instruments, il a pris aussi tout ce
que son corps savait faire, mais pas seulement.
Il a pris aussi les mots malhabiles, les silences, les gestes hésitants. Il a
pris les fous rires, les envies secrètes, les faux pas et les tremblements. Il
a pris le trouble des corps, les caresses, les baisers furtifs.
Il a pris les jeux et l’enfance, les coups de clairon sonores, l’insouciance
et la peur. Et sa légèreté d’aviateur… Bref ! Il est venu tout entier.
Autour de lui, des gens. Il pourrait les prendre pour des spectateurs, mais non, il sait bien qu’ils sont beaucoup plus
que ça, que ce sont des gens. Qu’ils sont venus tout entiers, eux aussi. Qu’ils ont presque aussi peur que lui de ce qui
va naître. Qu’ils ne se ressemblent pas.
Il aimerait bien les connaître. Ils sont à deux pas de lui, juste au bord de la piste, dans l’ombre, mais pas dans le noir.
C’est tentant.
Alors, quand il a dit bonjour à tout le monde, il met une robe de princesse, prend son petit violon, et le spectacle
commence.
« Je ne sais pas pourquoi, ce que j’aime le mieux au cirque, c’est l’entraînement.
Quand je dis – Je ne sais pas, je mens un peu. En fait, je crois que je suis plus ému de ces moments où l’artiste ne sait pas encore
faire, où il essaie, où il tremble, où ils pousse des petits cris.
Et parfois un spectacle, en essayant de gommer ces maladresses, gomme en fait une de ses beautés.
Sans doute ce qui fait l’éclat d’un artiste (et a fortiori d’un artiste de cirque), c’est cette articulation périlleuse entre l’approche de la
perfection et le fait de savoir offrir ses imperfections à ceux qui le regardent..
Thomas est un danseur et par chance, l’idée qu’il puisse être un danseur ne l’effleure même pas. Son corps raconte. Mais il y a
aussi en lui quelque choses du griot africain, ce qu’il nous dit, il nous le dit comme à des frères.
Dès les premières répétitions, c’est la qualité de son regard qui m’a saisi. Ses exploits ne l’enferment pas dans une solitude. Avant
tout, il partage. C’était trop rare pour ne pas en faire le terreau du spectacle.
Alors, en parlant d’amour, il retrouve les origines du cirque et plus généralement de tout spectacle. Jouer
d’abord, jouer comme un gosse, avec la même ardeur vitale, partager ensuite avec nous des secrets, et les partager comme on
partage une galette, enfin, accepter de se charger avec fragilité de l’héroïsme de celui qui est venu se montrer nu, au milieu de la
piste, comme au milieu d’une arène, en acceptant en même temps de ne pas cacher sa propre lumière. »
Gilles Cailleau (écriture et mise en scène)
Circuits Scène Conventionnée Centre Cuzin – Rue Guynemer – 32000 AUCH
Tel réservations : 05 62 61 65 00
www.circuits-circa.com
Horaires de la billetterie : (Centre Cuzin rez de chaussée)
Du lundi au vendredi de 13h15 à 18h / le mercredi de 9h à 12h et de 13h15 à 18h / le samedi de 9h à 12h