
De Michale Boganim. France, Pologne, Ukraine, Allemagne/2012/1h48 Avec Olga Kurylenko, Andrzej Chyra.
En ouverture de Salon BioGascogne les 25 et 26 aout, projection du film » LA TERRE OUTRAGEE » suivie d’une discussion autour de l’accident nucléaire et d’un pot bio offert par les producteurs locaux.
Michal Boganim est israélienne et vient du documentaire (Odessa, Odessa – Berlin en 2005). Elle revient ici en Ukraine, plus au nord le 26 avril 1986, à Pripiat, à quelques kilomètres de Tchernobyl. En cette belle journée, Anya et Piotr célèbrent leur mariage. Piotr est réquisitionné pour éteindre un incendie. Il n’en reviendra jamais. Dix ans plus tard, Pripiat, ville fantôme désertée par ses habitants, est devenue un no man’s land, gigantesque érigé en un étrange lieu de tourisme… Anya, est devenue guide et promène un groupe d’étudiants dans la zone. Pour jouer Anya, Michale Boganim a fait appel à la plus célèbre star ukrainienne, Olga Kurylenko, top model, actrice au parcours imprévisible qui va de films d’auteur (L’Annulaire, de Diane Bertrand) en James Bond (Quantum of Solace). Un film d’une rare beauté qui capte le drame intime et universel d’homme et de femme face à l’absurdité d’une catastrophe qui résonne étrangement 1 an après Fukushima.Un an après Fukushima. La Terre outragée, qui rafle tous les prix du public dans les festivals où il est programmé, est un bouleversant hommage à ceux qui vivront à jamais avec l’horreur nucléaire.
« Prenant comme point de départ la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, Michale Boganim imagine une suite à l’histoire. Ses personnages ont vécu jusqu’en 1986 à Pripiat, la ville moderne-et-modèle qui, à cause de l’accident survenu au mois d’avril cette année-là , a dû être vidée de ses habitants. Le film pose la question suivante : peut-on être attaché à une terre même si elle a été spoliée, violentée, définitivement empoisonnée par la bêtise humaine ? Et la réponse affleure, plus qu’affirmative… Ce n’est pas « même si », c’est « surtout si » : c’est parce que Pripiat souffre que ses enfants l’aiment, tournent autour d’elle, en rêvent, y reviennent, échouent à la quitter. L’abandonner à sa tragédie, ce serait priver leur propre existence de sens. Le film de Michale Boganim nous conduit au-delà de l’histoire particulière de Tchernobyl et nous amène, par petites touches, sans le moindre sensationnalisme, à nous interroger sur cette passion essentielle, au croisement du personnel et du politique, qu’est pour chacun le lien à « sa » terre. » Nancy Huston
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