
Avec Peter Sellers, Shirley MacLaine, Melvyn Douglas
Semaine du 14 décembre 2011.
De Harold et Maude en passant par Shampoo, La Dernière Corvée et En route vers la gloire, le cinéma d’Hal Ashby est traversé par une étrange mélancolie. Bienvenu Mr Chance ne déroge pas à la règle.
Chance (Peter Sellers) est un quinquagénaire qui n’est jamais sorti de la demeure où il a travaillé toute sa vie comme jardinier. Idiot tenace, il vit dans un monde clos et anachronique. Jusqu’au jour où la mort brutale de son employeur le contraint à quitter ses plantes et sa demeure pour affronter le monde extérieur, un monde fou dans lequel sa candeur et son naturel feront de lui un oracle politique et la coqueluche des élites.
À l’instar de tous les films qui mettent en scène enfants ou benêts, il s’agit ici pour Hal Ashby de privilégier un regard naïf et d’en user comme miroir déformant d’une époque en plein bouleversement. Du système médiatique jusqu’au président américain, tout le monde en prend ici pour son grade. A la fois fable morale et leçon sur les pièges du langage, Bienvenu Mr Chance est un conte politique visionnaire qui, quelques mois avant l’accession de Reagan à la présidence des Etats-Unis, anticipe l’avènement d’une société nouvelle et les désenchantements à venir.