Jeudi 18 mars

En présence de Mojdeh Famili.
2 films et une pause culinaire.
De Bahman Ghobadi. Iran/1h41.
Avec Hamed Behdad, Ashkan Koshanejad, Negar Shaghaghi.
Présenté au Festival Indépendance(s) et Création.
Ashkan, Negar et Hamed sont trois jeunes gens qui aiment la musique rock et veulent en jouer. Mais les islamistes leur tapent sur la tête (et ça n’est pas une métaphore), qui prétendent que la musique, qui plus est occidentale, est impie puisqu’elle provoque des émotions, de la gaîté, du plaisir. Alors ces dangereux mécréants deviennent littéralement underground. Pour jouer de la musique, il leur faut descendre dans des caves profondes ou monter sur les toits, guetter qu’un voisin ne les balance pas aux flics, magouiller des concerts en appartement pour pratiquement personne, improviser leur survie. Le film montre cette détermination incroyable, cette liberté inaliénable, cette envie de tout foutre en l’air, de fuir au plus vite ce cauchemar Bahman Ghobadi, réalisateur kurde iranien très mal vu en son pays pour ses deux films précédents (Un temps pour l’ivresse des chevaux, Les tortues volent aussi), qui lui ont valu une censure totale, a tourné en dix-sept jours – sans autorisations et après des repérages en moto – dans les rues de la ville, a été empêché de filmer par la police à deux reprises et s’est sorti du pétrin en offrant aux flics des DVD interdits (dont ceux de ses propres films). Ce film choc est une carte postale musicale, rageuse et drôle, un film en quatrième vitesse où la célérité n’est pas une pause ou un style pour le style, mais un état d’urgence.
Téhéran sans autorisation
De Sepideh Farsi. Iran/2009/1h23.
Téhéran, non pas vu comme une mégapole au pied des volcans, mais tel un personnage. Téhéran, non pas comme habité, mais habitant lui-même, se mouvant, changeant visage, humeur et corps. Téhéran, étrange, familier, sauvage et accueillant. Téhéran, pénétré sans qu’on ait frappé à sa porte. Téhéran traversé à vive allure par un regard perçant, comme une flèche tirée au hasard, une feuille emportée par le vent. Téhéran, ses jours bouillonnant et le secret de ses nuits, brûlant de mille feux. Téhéran comme jamais vu auparavant…
» Si un film pouvait être une grenade dégoupillée, ce serait celui-ci. Passionnant. »
Cet article est repris du site http://cine32.com/spip.php?article1608