De Tim Burton.E.U./1985/1h30.
Avec Paul Rubens.
Semaine du 24 mars.
ATTENTION mercredi 24 mars séance en soirée à  18h30.
A l’occasion de la sortie d’Alice au pays des merveilles, nous vous proposons de (re)découvrir l’époustouflant premier film de Tim Burton.
Pee Wee est un sale môme corseté dans un corps d’adulte. Il se réveille dans un pyjama d’enfant, enfile des chaussons en forme de lapin et pousse son camion de pompier : « vroum ! vroum ! Ah ah ah ! »
C’est un hurluberlu trop grand dans un costume trop court, avec un noeud papillon trop rouge et un voix de crécelle, honnête mais pas vraiment gentil ; égoïste, comme un gamin.
A sa sortie en 1985 « Pee Wee’s Big Adventure » n’est pas du tout un film d’auteur, mais on mesure mieux désormais à  quel point il est la première pierre de l’édifice de Tim Burton :
C’est celui qui l’ouvre au monde diurne et extérieur, à  l’afflux de personnages et qui sacre le cinéaste comme auteur de comédies et comme grand coloriste. Pee Wee constitue un hommage, dix ans avant Ed Wood, au cinéma, à  son pouvoir de ré-enchantement du monde, en même temps qu’une pique amusée contre ce que qu’il peut avoir de futile, de plus bassement mercantile et de plus appauvrissant en termes d’imaginaire. Se déploie dans ces séquences le penchant satirique d’un conteur qui sait montrer les crocs, le tempérament d’un contrebandier n’hésitant pas à  moquer dans son premier long métrage la major qui le produit. Pee-Wee, derrière l’apparence d’un film pour enfants et les grimaces du génial Paul Reubens, est une leçon d’audace artistique et d’indocilité lancée à  la figure d’une industrie ronflante.
De la musique de Danny Elfman à  la représentation du monde comme un vaste Luna Park, l’essentiel de Tim Burton est déjà  en place. Il construit autour de ce personnage mi-charmeur mi-inquiétant un monde fait de micromachineries, où la moindre préparation d’un petit déjeuner prend des allures d’une scène d’assemblage dans Les temps modernes. Inventions inutiles, gadgets sophistiqués au service de pas grand chose, culte du mécanique au profit du vivant, tout Burton est là  mais sans les mille effets numériques de « Chalie et la Chocolaterie », dans une version encore artisanale, qui sied mieux à  sa poétique de cinéphile de Corman et Cocteau.
Tel un diable fou sur ressort, Pee Wee resurgit du passé, toujours aussi rôle. « Hé Hééé » aurait-il conclut.

Cet article est repris du site http://cine32.com/spip.php?article1714