Catégorie : Saison 2007-2008

  • Scène Française nº10 – Constance Amiot

    Scène Française nº10 – Constance Amiot

    http://ruchemania.fr/emissions/scenefrancaise/Sf10constanceamiot.mp3 Constance Amiot «Fairytale» Rouge corail est sa couleur préférée. Un ton chaud, pas commun, qui évoque le bout du monde. Commencer par parler de la couleur préférée de Constance Amiot est moins insignifiant qu’il n’y paraît, tant les 12 chansons de Fairytale, son premier album pour tôt Ou tard, reflètent les nuances de sensibilité d’une artiste qui est à  la fois «d’ici» et de «là -bas». Ces 12 ballades inédites composent une «toile» musicale rendue homogène par la guitare acoustique, les arrangements soignés et par cette voix joliment teintée qui, sans jamais forcer sur l’émotion, porte loin. Cet «Ici» c’est la France, pays que cette jeune femme, née de parents français à  Abidjan en Côte d’Ivoire à  la fin des années 70, ayant passé les six premières années de sa vie à  Yaoundé au Cameroun, puis les 16 suivantes dans le Maryland aux États-Unis, considère éventuellement comme une patrie mais certainement pas comme une «mère», au sens cocardier du mot. Quant au «là -bas», il s’agit de l’Amérique, où elle a grandi et qui l’a dotée d’un «background» culturel et d’une tournure d’esprit où fusionne amour des grands espaces et souci permanent de justice (elle a fait 2 années de droit à  l’université), faisant d’elle une enfant peu discutable de Henry Thoreau (elle a aussi suivi des études de littérature). On pourrait donc, et fort légitimement, s’attendre à  ce que, telle une Joséphine Baker en version folk, une Joni Mitchell en robe d’exil, elle se mette à  chanter: «J’ai deux amours, mon pays et Paris». Mais l’on aurait tout faux. «Pour tout dire, je ne me sens pas française mais pas vraiment américaine non plus, même si je suis plus reliée aux États-Unis pour y avoir grandi». L’idée semble sans doute quelque peu convenue mais finalement, la musique n’est elle pas sa véritable patrie ? «J’ai retrouvé récemment un questionnaire que l’on soumettait aux élèves quand j’étais en primaire à  Washington et j’ai été très surprise de trouver à  la rubrique «qu’aimeriez-vous devenir plus tard ?» la réponse: «musicienne». J’avais oublié ce détail. D’autant que j’ai longtemps pris une autre direction, m’imaginant juge puis ingénieur du son pour le cinéma quand, après le droit et la littérature, j’ai entamé un cursus dans l’audiovisuel. La musique tenait une place importante dans ma vie mais pas au point de songer à  faire carrière». La musique entre dans sa vie le jour où ses parents, à  la faveur d’un vide grenier, lui offre un piano. Elle va s’y consacrer pendant 10 ans avec cours particuliers et petits récitals classiques dans les maisons de retraite. Dans le même temps, elle accompagne son père à  des concerts de jazz et devient la pianiste d’un groupe rock de son collège, Virus, qui fait des reprises de Guns Roses. On le voit, Constance est quelqu’un de très mobile. Ce que n’est pas son piano, qui l’oblige à  attendre qu’on veuille bien le transporter quand ses petits camarades ont déjà  quitté les lieux avec guitares et batterie sous le bras. Délaissant finalement cet instrument encombrant pour une guitare acoustique, bien plus docile, elle fréquente les «open mikes» à  Washington, ces scènes improvisées qui, sur les campus ou dans les bars, permettent à  tout un chacun de se produire en public. Elle devient alors «la fille à  la guitare», une silhouette au charme forcément lié au souvenir des grandes icônes aux longs cheveux de la scène folk américaine des années 60, telles que Joni Mitchell et Joan Baez. «Pour ma génération ce fut plutôt Tracy Chapman et son premier album, Talkin About A Revolution“. C’est avec la pratique de la guitare que se révèle en elle le goût pour la composition, sans que cette étape ne lui fasse encore entrevoir un possible métier. À 22 ans, sur les conseils de ses sœurs venues s’y installer, et un peu lasse d’être une «française» sans le moindre souvenir de la France, où elle n’a fait que passer, elle décide de s’installer à  Paris. «Le fait de se retrouver loin du pays où j’ai grandi a été un élément décisif dans mon passage à  l’acte. Mes premières chansons sont gorgées d’une nostalgie qu’il m’est difficile de ne pas lier à  mon adaptation plutôt laborieuse à  mon nouvel environnement.» Elle sera aidée durant cette phase plutôt déstabilisant e par deux musiciens, Lawrence Collins et Nicolas Buffet qui l’encouragent au point de proposer de produire une maquette. Le tournant, le basculement plus exactement, vient lorsque sa mère, peu avant qu’elle ne décède, fait parvenir à  sa fille cette citation tirée du Prophète de Khalil Gibran: «Si tu chantes la beauté, sache que même dans la solitude du désert tu trouveras une oreille attentive». «C’était sa façon de me dire «vas y fonce!» Ce fut comme un déclic». Sous la direction de Nicolas Buffet, elle enregistre en 2003 Whisperwood, album autoproduit qu’elle vend sur son site ou après ses concerts. C’est ce disque qui la même année arrive sur le bureau de Vincent Frèrebeau chez tôt Ou tard. «Tous les autres directeurs artistiques que j’avais croisé préféraient que je chante seulement en français. Lui, au contraire, a voulu m’entendre dans les deux langues». Ce respect de sa double identité ira jusqu’à  l’enregistrement de Fairytale. Les voix et les bases rythmiques sont ainsi réalisées au studio Sear Sound de New York avec Jeff Pevar, Ben Wisch, Sean Pelton et François Moutin; le piano, les cordes, ainsi que les arrangements et le mixage étant exécutés à  Ferber et au Garage sous la direction de Dominique Ledudal. Si l’album s’appelle Fairytale (conte de fée) c’est que Constance a le sentiment d’en vivre un. Mais aussi par référence au point de vue qu’elle adopte dans certaines chansons où l’enchantement et la féerie semblent à  porter de main, pour qui veut faire l’effort d’y croire (Décrocher la lune, Fairytale). «J’aimerais emprunter le chemin des rêveurs» avoue t’elle dans Rendez vous de Novembre, ode à  cette utopie traduite dans le réel, et qui ressemble à  la vraie vie quand s’y invitent la musique et la poésie. En cela, elle pourrait s’inscrire dans une longue tradition du folk américain qui, de Woody Guthrie à  Devendra Banhart, reste le mode d’expression privilégié d’un certain idéalisme. Une caste dans laquelle il est pourtant bien difficile de l’enfermer tant la nature profonde de cette voyageuse chronique (Algérie, Chine, Australie…) la pousse plutôt à  cultiver l’évasion (qui n’est pas la fuite) comme à  se construire dans une mobilité permanente assumée. «On a quelque chose dans le voyage, une curiosité, une réceptivité, qui nous tient en éveil et que l’on perd aussitôt avec la sédentarité.» L’envol, où elle est accompagnée par le chanteur rwandais Beniwe, mais aussi Le bout du monde, semble étendre cette dimension vagabonde à  sa vision personnelle de l’amour. Qui dans L’Etourderie et Le souffle d’un matin trahit plus de perplexité que de certitude. Alors Constance…inconstante? «Ssauf que les paroles de ces deux chansons ne sont pas de moi mais de Jérome Attal. Même si on me dit souvent qu’elles me ressemblent…». Aussi qui voudrait attraper cet oiseau rare devrait sans doute faire preuve de beaucoup de patience. Car tout chez elle est fluidité: son sens aérien de la mélodie (Cross your fingers), son aptitude à  mélanger l’anglais au français, sans y perdre son latin (L’envol, Décrocher la lune), son aisance à  évoluer dans la moiteur d’un jazz manouche très parisien (Le souffle d’un matin), comme à  s’immerger dans l’ozone mélancolique d’une ballade aux accents country(Art of living good). Jusqu’à  cette façon de mettre ses mots en rythme (Clash dans le tempo, On dira ouf) à  la manière du «flow» des rappeurs. Aussi, devant autant d’atouts, comment douter un instant que Constance puisse ne pas «trouver une oreille attentive», dans la solitude du désert, ou, entre ici et là -bas. 113 rue saint maur 75011 paris www.totoutard.com promo@totoutard.net / T.: 01 55 28 85 85

     

  • Scène Française nº9 – Tom Poisson

    Scène Française nº9 – Tom Poisson

    http://ruchemania.fr/emissions/scenefrancaise/sf9tompoisson.mp3
    TOM POISSON FAIT DES CHANSONS – RICHE A MILLIONS
    Petit poisson deviendra grand, promettait La Fontaine. Voilà  qui est fait. Après Tom Poisson fait des chansons, en 2004 et Tom Poisson fait des chansons… tom 2, il y a deux ans, voilà  un troisième tom – pardon, un troisième tome discographique dont le titre cette fois ne rappelle pas le nom du chanteur, mais le proclame Riche à  millions. Riche à  millions, la chanson, parle d’une rupture en forme de renaissance, mise au monde et mise à  la voile : le poisson-chat des épisodes précédents (plus chaton mutin que mordant félin) se fait ici poisson volant. Riche à  millions, l’album, confirme tout entier l’envol. Comme un manifeste de la maturité, après deux vols d’essai adolescents ; essais réussis, planants vagabondages autour d’amours de récrée, de voiliers, de vieilles dames et d’orangers en Chine. Bulles à  la Boogaerts, ton à  la Souchon. Cœur lourd, musique légère… On a aimé d’emblée l’auto-portrait mélancolique et gai, les écailles où se mirer, on embarque volontiers pour la nouvelle traversée – qui file la métaphore marine, de Titanic en Pédalo. Ceux qui gardent en mémoire les ballades de naguère auront la sensation de redécouvrir Poisson. Il a mis dans sa voix « plus de crasse et d’humeur », dit-il ; élargi sa palette sonore – bossa chic, swing, valse et musette s’étoffent de cordes nylon et de bandonéon, de glückenspiel et de violons, de pianos, d’orgues et de trombone… Mélodies joueuses, toujours, mais aux comptines de naguère, le compositeur ( avec pour complice à  la réalisation l’accordéoniste Alexandre Léauthaud) préfère aujourd’hui des échos de Nino Rota ici, là  des tourneries à  la Manu Chao. Dans l’encre de ses mots se mêlent eaux profondes et reflets de soleil. Les chansons content des « vies au bord des rêves », des vies d’aujourd’hui, d’un Henri à  la rue à  de familiers sons électroniques (La Complainte de l’homme moderne). Brodent finement, et drôlement sur le motif du « nevermore » : « Cette fois c’est sûr, je serai plus jamais/Champion au 110 mètres haies/Ni trompettiste en jazz à  l’international/Je serai plus jamais président du Nicaragua »… Explorent les confins de la carte du Tendre, les contrées incertaines d’après l’eldorado amoureux. Evocation des premiers émois inspirée d’Amélie Nothomb (Je m’ennuie, en duo avec Clarika), nostalgie des étreintes d’antan (J’aimais mieux avant ), titre paradoxal : Je t’aimerai quand même, pour annoncer un grand départ (non plus à  la voile mais en vélo)… Réaliste, réjouissante cruauté. Les chansons de Tom Poisson aiment mieux l’amitié que l’amour. Elles se choisissent un grand frère, joué par Sanseverino (Mon cœur qui penche), ou un petit frère, celui du P’tit loup de Perret (Mon ami sans voix). Chansons thérapeutiques, dit leur auteur. L’est-elle aussi, celle dédiée à  un Papa atteint d’Alzheimer ? Les mots d’amour résonnent là , et touchent juste, comme ceux qui disent la passion attiédie, le malentendu d’après l’unisson. Ils offrent l’alternative de l’envol : au-dessus des toits, à  la cime des voiles, vers l’azur… Tom Poisson – poisson-volant, chansons ailées – a pris son essor. Anne-Marie Paquotte

     

  • Scène Française nº8 – Les Orgres  de Barback

    Scène Française nº8 – Les Orgres de Barback

    http://ruchemania.fr/emissions/scenefrancaise/sf8LesOgresdeBarback.mp3 Emission consacrée aux Ogres de Barback. C’est une déjà  longue histoire. Foncièrement singulière et profondément marquée du sceau de la liberté, à  tous niveaux. Nous n’avons pas ici la place de vous la narrer dans le détail. En quelques mots donc… Les Ogres de Barback sont quatre frères et s–urs dont l’aventure musicale commune démarre en 1994. Dès l’origine, ils s’attèlent à  produire une musique inclassable qui brasse leurs multiples influences, que celles-ci puisent leur origine dans la chanson française à  texte [Brassens, Brel, Ferré, Perret…], la culture tzigane ou l’esprit alternatif des années 80 [Mano Negra, VRP, Bérurier Noir…]. Il convient aujourd’hui d’y ajouter une forte sensibilité pour diverses musiques dites du monde. Ne s’inscrivant pas directement dans une lignée, les Ogres sont les passeurs d’un univers attachant et tolérant, où l’on rend hommage aux humbles, aux petits et à  leurs destins cabossés, où l’on narre, entre réalisme et poésie du quotidien, des tranches de vies familières, des amours avortés, l’âpreté des désillusions mais aussi la puissance des espoirs. Plus que vraiment engagés, n’ayant pour but que de suggérer des pistes de réflexion, nombre de leurs textes portent la marque des préoccupations citoyennes de gens impliqués et responsables. Rapidement, leur nécessité viscérale d’indépendance et de totale liberté leur impose de larguer les amarres d’un cheminement traditionnel dans lequel ils ne se retrouvent pas. Ils structurent l’organisation de leurs tournées, se lancent dans l’excitante mais délicate aventure de la création d’un label, Irfan, et récupèrent la distribution de leurs disques. Les Ogres ont désormais toutes leurs cartes en main. Ils font en outre la preuve d’une étonnante capacité à  développer incessamment de nouveaux et atypiques projets [tournées françaises et européennes sous leurs propres chapiteaux, album pour enfants sur lequel collaborent près de vingt groupes ou artistes et approchant le disque d’or, aventure commune avec Les Hurlements d’Léo ou La Fanfare du Belgistan, multiples spectacles atypiques…]. Tout cela participe du fait qu’ils aient une telle faculté à  séduire et/ou fédérer d’innombrables groupes. La galaxie de leurs amitiés avec toutes sortes d’artistes est en effet impressionnante. Treize ans après leurs débuts dans la rue, et toujours dans la plus totale indépendance, les Ogres ont donné plus de 1 200 concerts et vendu plus de 350 000 albums. Posez-vous la question : combien de groupes connaissez-vous qui aient fait preuve au long de leur parcours de tant d’inventivité, d’audace, de constance dans la qualité, de détermination, de sens du partage, d’absence de compromis et d’un tel ancrage viscéral à  l’idée même de liberté ? Cherchez bien. La jolie histoire des Ogres – qui s’impose comme un parfait modèle alternatif de développement de carrière – est encore loin de son terme. Ces jeunes gens vont continuer à  nous accompagner longtemps. C’est une vraie chance.

     

  • Scène Française nº7 – Lady Palavas

    Scène Française nº7 – Lady Palavas

    http://ruchemania.fr/emissions/scenefrancaise/sf7ladypalavas.mp3 Emission consacrée à  Lady Palavas. Le groupe Lady Palavas s’est formé autour du batteur Philippe Gaubert et du guitariste compositeur Frank Sales. Francis Miche à  la basse puis Caroline Febvre au chant les rejoignent rapidement. Chez ces anciens membres de formations pop montpelliéraines (Otis Wood, Odeline Fion, Ego) l’entente est immédiate. Caroline, interprétant d’abord les chansons de Frank, se met également à  l’écriture des textes en français. Pour la sortie de son premier album, le groupe a recruté cette année Manu Rieunier aux claviers. Lady Palavas, ce sont des mélodies accrocheuses, une fraîcheur musicale aux influences multiples (pop 60’s, bossa, disco, rock…) sur des textes en français teintés d’humour, de dérision, de tendresse ou de mélancolie. Une légèreté revigorante que certains commencent à  qualifier d’Easy pop en référence au courant musical Easy listening qui vit le jour dans les années 60. Pas passéiste mais au contraire soucieux d’insuffler de l’air frais dans la production actuelle, Lady Palavas sort aujourd’hui son premier album (enregistré et produit par Johnny Palumbo du groupe electro-rock Rinocérôse). Après avoir joué plusieurs fois au Rockstore de Montpellier (où le premier concert lui a permis de trouver un label) et divers bars de la région, le groupe enfin rodé cherche à  promouvoir la sortie de son premier opus intitulé AGENT SECRET. Que cet album vous donne envie de chanter sous la douche ou de danser dans votre salon voilà  le seul souhait des membres du groupe ! Si c’est le cas, l’énergie déployée en plus sur scène ne devrait pas vous décevoir… « Leur musique est sans prétention, gentiment mélodique et résolument rieuse…Des trentenaires habitués de la scène (première partie de Philippe Katerine, Autour de Lucie, ou Radiohead dans les groupes précédents)… remarqués par un label local lors du dernier duel rock au Rockstore…» La gazette (Montpellier) n=º873 du 11 au 17 mars 2005 « Un hommage aux Pixies avec que du bon et du pertinent au Rockstore ! …Lady Palavas et sa pop légère, acidulée et solaire ont dés le début enflammé la salle grâce à  des reprises fort joliment tournées, façon disco pop… » www.ladypalavas.com www.myspace.com/ladypalavas

     

  • Scène Française nº1 – Mr Lune

    http://ruchemania.fr/emissions/scenefrancaise/sf1Mrlune.mp3

    Emission consacrée à  Monsieur Lune.

    Monsieur Lune

    Mieux que Madame Soleil, Monsieur Lune vous promet des lendemains qui chantent, qui gueulent, qui vibrent. Toujours sur le point de basculer. Cordes vocales et cordes sensibles, corde raide et corde au cou. Des lendemains nourris des frayeurs délicieuses et des bonheurs fugaces d’hier, mais qui savent ne jamais succomber à  la nostalgie. Des lendemains en équilibre, instables comme il se doit. Et c’est tant mieux.

    Quand Nicolas Pantalacci s’aventure sur la scène, quand il défait son baluchon, on ne sait jamais s’il va trébucher ou vous emporter. Mais on est vite partant pour le voyage.

    Les coulisses de l’Olympia et la rue Daguerre furent ses cours de récréation et ses terrains vagues, merci Papa, merci Maman. Mi-Zébulon, mi-Schtroumpf, son manège enchanté a des allures de bastringue, dézingué et cabossé. Il entraîne dans ses comptines cruelles toute une troupe de Gavroches tantôt vers le rock, tantôt vers la java. Même s’il a compris que le temps du phalanstère était révolu, il sait cultiver l’esprit de troupe, évite consciencieusement de se prendre au sérieux et jette l’emphase aux orties. Il construit chacune de ses chansons comme autant de nouvelles ironiques et de petits scénarios morbides.

    A son panthéon personnel, il met sur un pied d’égalité Higelin et les Têtes Raides, Renaud et Thomas Fersen, Tim Burton et David Lynch. Il a autant écouté Nick Cave ou Tom Waits que Bourvil. Et s’il veille à  ne jamais devenir adulte, il a su pour autant se débarrasser des oripeaux adolescents. Et pour mieux faire la nique à  la mort, il lui décoche son sourire désarmant, histoire de la mettre en rage. Si ses chansons étaient des dessins, elles emprunteraient leurs traits autant à  Sempé qu’à  Topor. Avec la gouaille du désespoir.

    Monsieur Lune aime à  prendre ses bains de minuit dans la mer de l’intranquilité. Et entraîner son public dans les ressacs de l’inconscient. Pierrot a allumé sa chandelle du côté de chez Freud. Et tant pis pour Colombine.

    Fabrice Guillermet

    Nicolas Pantalacci : Guitare – Chant

    Raphaël Bancou : Clavier – Chœurs

    Etienne Chenet : Contrebasse

    Gaël Derdeyn : Violon – choeurs