De Franc Roddam. GB/1979/1h57. Avec Phil Daniels, Ray Winstone, Sting.
Du 18 juillet au 26 août.
En 1978, Londres est prêt à  exploser. Le chômage qui grimpe, le racisme qui relève la tête et l’usure du système engendreront un régime conservateur prompt à  la confrontation. Sur le moment, cette chorégraphie au bord du volcan se danse aux rythmes conjugués du punk et du reggae. Le rock anglais, celui des années de la prospérité travailliste, des Beatles, des Stones et des Who est méprisé par ces jeunes révoltés qui s’aperçoivent que l’avenir a été effacé. Quadrophenia exprime ce moment de confusion et d’exaltation. Franc Roddam s’est inspiré d’un opéra rock écrit par Pete Townshend, l’auteur-compositeur et guitariste des Who. Jimmy, garçon de bureau dans une agence de publicité et ne trouve de sens à  l’existence qu’à  force d’amphétamines et de rhythm’n’blues. Il préférerait mourir plutôt que de reconnaître que la musique qu’il aime, la soul de Motown et le vacarme des Who est de la même essence que celle qu’écoutent ses ennemis jurés, les rockers. Mods et rockers se retrouvent parfois sur la plage de Brighton, où ils s’affrontent avec cette violence propre aux rues du royaume. Ces scènes de foule sont considérées avec un étonnement presque respectueux, sans en effacer la violence et l’absurdité. Rarement on aura saisi la composition organique de l’extrême jeunesse avec autant de justesse. Quadrophenia, le disque et le film, resteront pour toujours associés à  la violence salutaire du punk. No future.

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