
De Kim Ki-Young. Corée du sud/1960/1h51.
Avec Eun-shim Lee, Jeung-nyeo Ju, Jin Kyu Kim
SEMAINE DU 12 DECEMBRE
Cycle « SECRET DE FAMILLE »
Avec Eun-shim Lee, Jeung-nyeo Ju, Jin Kyu Kim
SEMAINE DU 12 DECEMBRE
Cycle « SECRET DE FAMILLE »
La Servante est à l’Asie ce que Psychose est à l’Occident : la pierre fondatrice du cinéma d’épouvante. Réalisé en 1960, restauré en
2011 par la World Cinema Foundation, fondée par Martin Scorsese, le film de Kim Ki-Young est précédé d’une rumeur sulfureuse.
Il débute pourtant sous les auspices d’un mélodrame classique : au sein d’une famille de la classe moyenne, un charmant
professeur de piano engage une fille au pair pour aider sa femme, enceinte d’un troisième enfant, dans ses taches quotidiennes.
Froide et docile, la jeune fille va progressivement tisser sa toile et faire céder le père à ses avances. Distillant le poison de la
folie et de la transgression, l’araignée s’empare des corps, des espaces et des esprits, jusqu’à l’inéluctable.
Sorti en 1961, pendant la seule année de liberté d’expression que la Corée du Sud ait connue entre sa fondation en 1948 et
les élections libres de 1987, La Servante orchestre un jeu de massacre aux résonances politiques et sociales, reflet d’une époque
tourmentée. La nécessité d’exprimer tout ce qui avait été refoulé pendant la guerre et la dictature explique en partie l’incroyable
violence du film. Celle-ci tient aussi au caractère provocateur de son réalisateur, Kim Ki-Young, maître coréen vénéré, dont
l’héritier le plus éminent pourrait être aujourd’hui Park Chang-wook (Old Boy).
2011 par la World Cinema Foundation, fondée par Martin Scorsese, le film de Kim Ki-Young est précédé d’une rumeur sulfureuse.
Il débute pourtant sous les auspices d’un mélodrame classique : au sein d’une famille de la classe moyenne, un charmant
professeur de piano engage une fille au pair pour aider sa femme, enceinte d’un troisième enfant, dans ses taches quotidiennes.
Froide et docile, la jeune fille va progressivement tisser sa toile et faire céder le père à ses avances. Distillant le poison de la
folie et de la transgression, l’araignée s’empare des corps, des espaces et des esprits, jusqu’à l’inéluctable.
Sorti en 1961, pendant la seule année de liberté d’expression que la Corée du Sud ait connue entre sa fondation en 1948 et
les élections libres de 1987, La Servante orchestre un jeu de massacre aux résonances politiques et sociales, reflet d’une époque
tourmentée. La nécessité d’exprimer tout ce qui avait été refoulé pendant la guerre et la dictature explique en partie l’incroyable
violence du film. Celle-ci tient aussi au caractère provocateur de son réalisateur, Kim Ki-Young, maître coréen vénéré, dont
l’héritier le plus éminent pourrait être aujourd’hui Park Chang-wook (Old Boy).