
Avec Broderick Crawford, Richard Basehart, Franco Fabrizi, Giulietta Masina.
FESTIVAL les ETERNELS Telerama : Mercredi 23 juin à 18h30 – samedi 26 juin 19h.
L’un des films les plus beaux et les plus méconnus de Fellini
première manière. Moins célèbre que La Strada et Les Nuits de
Cabiria, mais plus mystérieux, plus angoissé. Augusto Rocca,
Roberto
Giorgi et Carlo, qu’on appelle « Picasso » parce qu’il fait de la
peinture, se sont associés pour des escroqueries à la petite semaine.
Exemple : Augusto se déguise en évêque, Picasso en abbé et Roberto
passe pour leur chauffeur. Face à des fermiers crédules, le faux évêque
prétend avoir reçu la confession d’un mourant : un trésor serait caché
tout près… On découvre, très vite, une cassette, en effet : les bijoux (faux) reviennent aux paysans en échange de cinq cent mille lires (vraies !).
C’est sur Augusto (Broderick Crawford) que se porte l’éclairage moral
de ce film touffu et passionnant, empreint, parfois, d’humour noir. Il
n’est plus jeune, les remords l’assaillent et la crédulité humaine le terrifie.
Père d’une adolescente qui ne vit pas avec lui, il prend conscience,
tant dans son activité de « bidoniste » que dans ses rares rapports avec
cette jeune fille, de sa profonde solitude. Ses complices ne vont pas
mieux, l’un se perd au cours d’un réveillon qui tourne à l’orgie. L’autre
entame un parcours douloureux, semé d’épreuves humiliantes, au terme
desquelles la grâce le saisit. Les scènes finales (l’entretien avec la
paralytique) avaient déplu aux producteurs italiens qui souhaitaient
une rédemption visible de tous ces personnages. Fellini tint bon. Cela
lui coûta, peut-être, le succès, mais cette fin, entre réalisme social et
angoisse mystique, est bouleversante. Jacques Siclier
Cet article est repris du site http://cine32.com/spip.php?article1990