De Pietro Germi. E.U./1966/1h55.
Avec Virna Lisi, Gastone Moschin, Nora Ricci, Beba Loncar, Alberto Lionello.
FESTIVAL les ETERNELS Télérama. Dimanche 27 juin 17h30 – mardi 29 juin 21h
En France, on connaît Dino Risi, Ettore Scola ou Mario Monicelli.
Beaucoup moins Pietro Germi, le plus cynique d’entre tous,
moraliste convaincu, grand pourfendeur des tares italiennes, fan
de vaudevilles et de farces aussi féroces que sa vision du monde. Dans le
premier sketch du film, un monsieur se fait passer pour impuissant pour
mieux séduire la femme d’un pote. On contemple, avec une stupéfaction
ravie, la farandole hystérique fellinienne – de fâcheux, de grotesques, de
malfaisants, dont la bassesse n’a d’égale que la vulgarité satisfaite. On
les retrouve, encore plus détestables, dans le sketch n0 3, soudain menacés
de prison par un paysan qui les accuse de s’être partagé sa fille
mineure. Qu’est-ce qui les sauvera du déshonneur ? L’argent, bien sûr. Ces
deux épisodes cruels cernent l’histoire, presque tendre, d’Osvaldo, un bon
gros maladroit qui s’éprend d’une adorable caissière sentimentale (Virna
Lisi, d’une beauté à  tomber). Avec l’audace des grands timides, Osvaldo
décide d’envoyer paître son emmerdante épouse et ses enfants crétinisés
pour vivre sa passion au grand jour. Mal lui en prend. Infidèles et cocus,
voleurs et volés, banquiers et curés s’allient pour le séparer de sa bienaimée…
En recevant la Palme d’or de Cannes (en 1966, ex aequo avec Un
homme et une femme, de Lelouch), presque aussi sifflé que le sera Pialat, Pietro Germi se contentera de répliquer à  ses détracteurs : « Excusez-moi de vous avoir fait rire… »

Cet article est repris du site http://cine32.com/spip.php?article1994