Samedi 27 mars

De Cristián Jiménez. Chili/2010/1h42.
Séance en présence du REALISATEUR.
C’est l’hiver à  Valvidia.
Au centre commercial le nouveau vigile est tombé amoureux d’une voleuse sexy. Un skieur aveugle qui vient de recouvrir la vue observe qu’il n’est pas si réjouissant de découvrir le monde. Une entreprise offre à  son personnel, contre performances optimales, des opérations de chirurgie esthétique : promo sur les nouveaux seins, nez et autres implants capillaires, au choix. Pas toujours une réussite…
Pendant qu’un cadre quinqua fait un stage d’ « out placement » ou « comment se faire virer en douceur et dire merci » A l’extérieur il pleut, mais au centre commercial il fait toujours 24º. L’hiver passe, tout semble irréel. Illusion d’optique.
Ilusiones Opticas, joue sur les mots. Question optique, c’est bien sûr l’aveugle qui voit le mieux ; et pour cause, une opération est censée avoir sorti Juan de l’obscurité qui l’entoure depuis son enfance, mais le peu qu’il voit lui donne envie de retrouver les avantages dont il jouissait au temps de son handicap. Humour noir grinçant et dénonciation. Les autres illusions du film de Cristian Jimenez sont celles des relations humaines. Dans le quotidien, il s’agit de faire croire. Faire croire aux employés qu’ils travaillent dans une entreprise florissante, faire croire à  un salarié qu’il n’est pas viré, vendre la chirurgie esthétique comme un passage à  une nouvelle vie, pleine de beauté et de conquêtes, mettre des mots doux sur des relations sexuelles monnayées, etc. L’humanité en déliquescence, situations insolites présentées en une succession de saynètes, humour noir et fantaisie, tous les ingrédients sont là  pour orchestrer une fantaisie de clown triste façon Aki Kaurismaki ou Roy Andersson. Ce premier long métrage distille un zeste d’humour affectueux, une pincée de féérie sur un lit de comédie grinçante.

Cet article est repris du site http://cine32.com/spip.php?article1650