Une Exposition à  voir – «Venus d’Ailleurs»

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Exposition «Venus d’Ailleurs», du 11 au 26 janvier 2008 à  la Galerie Robert Laurentie, 62 rue Gambetta, 32500 Fleurance, (face à  la poste). Ouvert du mardi au samedi, 9h30 à  12h30 et de 15 à  18h fermé le jeudi, dimanche et lundi ou sur RDV: 06 73 35 55 58. http://isasouri.over-blog.com/ «L’animal est le détenteur d’une voix archaïque qui résonne dans notre société moderne comme une voix d’outre-tombe.» La Part de l’autre, une vie de chien, de Catherine Grenier, éditions Actes Sud, 2002. Venus d’Ailleurs est une série de photos animalières technologiquement déformées : l’idylle pastorale est remplacée par notre égrégore européen du paysage, peuplé d’animaux considérés comme « exotiques ». La plupart de ces bêtes, photographiées enfermées dans des zoos, tournent en rond, faute d’espace. Pourtant, ces zones leur permettent d’exister encore un peu plus longtemps… pour notre «plaisir». Ces refuges nous permettent d’observer le sauvage, l’incontrôlable, à  bonne distance et en toute sécurité. Car l’animal est ce qui nous tient en respect, il rappelle à  l’homme socialisé le principe d’origine, de vérité qui précède le langage. On pense alors à  l’animal comme à  une sorte de témoin, tout prêt à  devenir juge de notre usage de la liberté. Je me projette dans cet ailleurs, là , dans la nature, loin de toute civilisation en compagnie de ces animaux à  qui j’ai rendu une liberté virtuelle. Ils ne se souviennent pas de moi. Moi si. Leur présence m’habite et leurs cris résonnent encore, échos d’une illusion de liberté. Mon travail tente de cerner ce malaise où la notion d’éthique est insuffisante face aux bouleversements technologiques. J’oppose mes mutations fictionnelles – moins dangereuses et j’espère plus poétiques – afin de déclencher une lueur de conscience. Le but de ce projet est de créer par la photographie et son montage une nature «représentée», qui n’est plus originelle, ni indépendante de l’homme ; elle est manipulée, contrôlée. Artificiellement intensifiée par la frénésie du monde qui l’entoure. En insérant des animaux dans un paysage singulier, je questionne les paradoxes entre une idée «romantique» de la nature et la «réalité ». Le décalage provoque une irruption furieuse du futur dans notre présent fébrile et nous pose en témoins doués de mémoire. Il nous rappelle les conditions premières qui ont rendu possible l’essor de l’humanité. Isabelle Souriment, juin 2007

 

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