Opéra féerique et parodique en quatre actes, sur un livret de Victorien Sardou
Jeudi 24 janvier à 21h au Théâtre
Tarif : 16 euros / 10 euros (réduit) Tout public à partir de 12 ans -durée : 2h30 avec entracte
Pour sauver les finances de son royaume, Fridolin XXIV, doit épouser une riche héritière (Cunégonde). Dans le grenier de la sorcière Coloquinte, Rosée du soir, emprisonnée depuis dix ans, réussit à s’évader, grâce à l’aide de Robin Luron. Coloquinte furieuse veut détrôner Fridolin. Par ses sortilèges, elle fait surgir le Roi Carotte et lui permet de chasser Fridolin de son trône. Condamné à l’exil ! … Entouré de ses fidèles (Truck, Pipertrunck, Rosée du soir et Robin Luron), il voyagera à Pompéi, aux pays des fourmis, des abeilles et autres insectes pour tenter de reprendre sa couronne.
Note d’intention d’Olivier Desbordes, metteur en scène
Opérette féerique de Jacques Offenbach, Le Roi Carotte n’en développe pas moins une féroce parodie du pouvoir, une critique de l’actualité de son (notre) époque qui n’est pas sans rappeler Ubu Roi (Alfred Jarry), Le Dictateur (Charlie Chaplin), Citizen Kane (Orson Wells) Pourquoi monter cet ouvrage ? Indéniablement et comme souvent chez Offenbach, l’oeuvre, miroir des enjeux de tous les pouvoirs, est (et reste) en phase avec les « figures » de notre temps. Offenbach, au lendemain de la guerre de 70, règle ses comptes avec le pouvoir impérial qu’il a parodié pendant des décennies ? Avec Victorien Sardou, il y charge le trait et caricature avec verve, la politique, le pouvoir, les rois, les mythologies. Tous deux s’amusent avec nos références enfantines, nos contes de fées, nos étonnements. Re-créer cet ouvrage … c’est comme retrouver de vieux films de Méliès et s’amuser à mettre en relief ce jeu de massacre du pouvoir. Cette comédie est construite comme une suite de scènes de genre, alibis à une jubilation parodique. Loin des personnages psychologiques et plus près d’archétypes que nous sortirons de nos univers fantasmatiques et aussi quotidiens… Le Roi Carotte est un conte fantastique plein d’humour … Le pouvoir y gonfle les grenouilles de vanité jusqu’à l’explosion.
Une guerre des rois n’est-elle pas aussi la parabole d’une campagne électorale ? Heureusement pour nous, les fées, bonnes et mauvaises, veillent sur cette histoire burlesque qui n’est pas loin de faire penser à un Magicien d’Oz réalisé par deux maîtres en la matière, toujours prêts à se moquer du monde, de tout le monde !
Direction musicale : Dominique Trottein –Mise en scène : Olivier Desbordes –Collaboration artistique : Eric Perez Costumes : Jean-Michel Angays et Stéphane Lavergne -Décors et lumières : Patrice Gouron
avec : Anne Barbier, Yassine Benameur, Flore Boixel, Caroline Bouju, Agnès Bove, Jean-Pierre Chevalier, Fabienne Masoni, Christophe Lacassagne, Cécile Limal, Philippe Pascal, Jean-Claude Sarragosse, Frédéric Sarraille, Nathalie Schaaff et Eric Vignau.
Chœur et orchestre Opéra Eclaté -Orchestration de Stéphane Pelegri
Production : Opéra Eclaté – Festival de Saint-Céré -Co-production : LeduoDijon Avec l’aide de la ville de Colomiers et du Centre culturel intercommunal Figeac-Cajarc
A propos de la création, à Paris, le 15 janvier 1872
Depuis de nombreuses années, Offenbach aspire à collaborer avec Victorien Sardou. Une occasion se présente : Sardou a promis à Maurice Boulet qui dirige le Théâtre de la Gaîté d’écrire une féerie qui serait une parabole politique sur les dangers de la libéralisation de l’Empire.
Le 19 juillet 1870, la guerre est déclarée à la Prusse. L’empire s’engage « sur un coup de tête » dans une des aventures qui sonnent les dernières heures (semaines) de son histoire. Le 15 août, la dernière promotion dans la Légion d’honneur ne mentionne pas Offenbach. L’impératrice a rayé son nom de la liste. Dans ce contexte politique entre les deux pays, il semble qu’Offenbach fasse l’office de bouc émissaire, tant pour les républicains que pour les bonapartistes. Le compositeur avec La Grande Duchesse de Gerolstein n’a-t-il pas démoralisé le pays. Outre Rhin, la presse s’en mêle et l’accuse également de trahison envers l’Allemagne. Offenbach profondément blessé répondra par une lettre publiée dans Le Figaro (19 juillet 1970) (…)Je dois tout à la France et je ne me croirais pas digne du titre de Français, que j’ai obtenu par mon travail et mon honorabilité, si je me rendais coupable d’une lâcheté envers ma première patrie(…)
Le 1er septembre, le désastre de Sedan contraint Napoléon III à capituler. La guerre perdue contre la Prusse, puis la Commune, laissent la France, au printemps 1871, dans un état profond de désorganisation et d’abattement moral. La guerre a fait plus de six cent mille victimes. Le sentiment d’humiliation est intense. Le Traité de Francfort est signé le 10 mai 1871. Celui-ci, outre une ruineuse indemnité de guerre, cède l’Alsace et une partie de la Lorraine, à la Prusse. Le 31 juillet, Thiers est élu par l’Assemblée Nationale, Président de la république. Le 9 septembre, considérant que la patrie est en deuil, la préfecture donne l’ordre de fermer tous les théâtres. N’ayant plus de raison de rester à Paris, Offenbach mène une vie « errante » : Honfleur, Bordeaux, Saint Sébastien, Vienne, Milan. À Etretat, Offenbach passe un été studieux. Le Roi carotte lui demande beaucoup de travail et Victorien Sardou est un collaborateur peu docile. Sardou extrait le livret d’un conte d’Hoffmann : L’Histoire héroïque du célèbre Ministre Kleinzach, surnommé Cinabre. Il en fera une parabole sur l’évolution politique de l’Empire. Fridolin symbolise Napoléon III et l’auteur ne lui ménage pas ses critiques. Il n’est pas possible de gouverner plus mal, de s’entourer de plus d’imbéciles et d’avoir sur les devoirs de sa profession des idées plus saugrenues que les siennes Robin-Luron. Création, avec succès, au Théâtre de la Gaîté, le 15 janvier 1872. Le soir de la première, la signification politique est diversement appréciée. Cependant, c’est la féerie lyrique, le foisonnement des tableaux et des décors, la richesse de la musique que le public viendra voir.
Dans la presse
« La pièce est un petit joyau d’insolence critique. Desbordes a modifié le livret en transformant les diatribes originelles contre Napoléon III et sa clique en traits caractéristiques contre Nicolas Sarkozy, le couple Chirac, les éléphants du PS…; il a réussi à en reconduire le charme récréatif. » L’humanité, Jérôme-Alexandre Nielsberg, 28 décembre 2007
« Critique des dérives et tares du temps chantés sur un rythme endiablé. Usurpateur couronné roi, affairisme triomphant, cynisme des ministres jouant sur tous les tableaux, règne de l’apparence et des faux semblants, de l’insignifiance, ‘pipeau-pipolisation » ou éloge de la muselière… Chacun reconnaît bien le portrait dont on rit aux éclats : celui d’aucun malade du pouvoir. Et rit d’autant mieux que fidèle à Offenbach, Opéra Eclaté a à coeur d’éclairer la bouffonnerie d’hier de quelques prénoms et répliques bien d’aujourd’hui. De glisser une Carla ici ou un « travailler plus » là . Façon de rappeler que de loin en loin, l’Histoire aime toujours autant se moquer des crédules, leur faire prendre une petite ca¬rotte pour un gros légume. »
La Dépêche du Midi, Pierre Challier, 22 décembre 2007 Circuits Scène Conventionnée Centre Cuzin – Rue Guynemer – 32000 AUCH
Tel réservations : 05 62 61 65 00
www.circuits-circa.com
Horaires de la billetterie : (Centre Cuzin rez de chaussée)
Du lundi au vendredi de 13h15 à 18h / le mercredi de 9h à 12h et de 13h15 à 18h / le samedi de 9h à 12h
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