La visite de la fanfare, à  Auch cette semaine et dans le Gers à  partir du 2 janvier

18837341_w434_h_q80.jpgLA VISITE DE LA FANFARE

De Eran Kolirin, Isarël, 2007, 1h25.

Avec: Sasson Gabai, Ronit Elkabetz, Saleh Bakri.

Comédie sociale jubilatoire présentée à  Auch pendant le festival Indépendance(s) et création. Ce premier film de Eran Kolirin nous transporte avec allégresse au fin fond d’Israël dans un petit village populaire où des solitudes vont se croiser, s’observer, se parler, s’aimer, se toucher. La caméra, d’un œil sensible, nous plonge dans un monde vivant et rempli d’humanité. Incompréhensions, appréhensions, petits embarras, puis finalement, échanges, rencontres et amour vont décliner toute la gamme des émotions servie par des comédiens étonnants et des personnages touchants. Nous assistons à  la rencontre de deux mondes qui simplement sans discours, viennent rappeler le besoin vital et urgent de paix, aux rythmes conjugués du burlesque et de la tendresse. Un jour, il n’y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d’inauguration d’un centre culturel arabe. Seulement à  cause de la bureaucratie, d’un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à  l’aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d’une ville perdue. Peu de gens s’en souviennent, cette histoire semblait sans importance…

La Critique des Hallucinés (Association de jeunes Cinéphiles de Nogaro):

«Ce film est agréablecar composéd’une succession de scènescomiquesetlégères. Le réalisateur Eran Kolirin utilise des situationsdécalées et des personnages pittoresques, il gagne haut la main le pari de l’humour. En parallèle de ce comique,il aborde le sujet de la tolérance et de la solidarité au travers des liens quetissent lesmusicienségyptienset quelques habitants israéliens.Ces échangesémouvants font de ce film un bijou d’humanité à  ne pas rater.»

La graine et le mulet à  Auch, cette semaine et dans le Gers à  partir du 26 décembre

18864546_w434_h_q80.jpgLA GRAINE ET LE MULET

De Abdellatif Kechiche, France, 2007, 2h30.

Avec: Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache.

Décidément Kechiche n’a pas fini de nous étonner. Son troisième film La graine et le Mulet (prix spécial du Jury, et Prix du meilleur espoir pour la comédienne Hafsia Herzi à  la 64e Mostra de Venise en 2007), confirme le talent de ce réalisateur singulier et audacieux après La Faute à  Voltaire (Lion de l’Or à  Venise en 2000) et bien sûr L’esquive (César du meilleur film en 2005). Nous avons découvert La graine et le mulet à  Auch pendant le festival Indépendance(s) et création, et avons été impressionnés par la force de la mise en scène, et l’originalité renouvelée dans le travail avec les comédiens (pour la plupart non professionnels). Ce chaleureux portrait d’une famille franco-tunisienne n’est pas seulement une comédie de mœurs polygames et une élégie sur le courage des femmes, c’est aussi une magnifique aventure humaine, où l’espoir bataille avec la douleur. Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, travaille sur le chantier naval du port de Sète. Licencié après 35 ans de bons et loyaux services, la famille s’unit autour de lui pour l’aider à  surmonter son impression d’échec, en réalisant son rêve : ouvrir un restaurant sur une péniche. Grâce à  leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour… Ou, presque… Nous sommes ici au cœur de la tragi-comédie humaine, un suspens et une tension courent tout au long du film, et rendent plus bouleversante la beauté lucide d’un film qui nous parle d’un monde en déliquescence. Dans La Graine et le mulet, on s’acharne contre l’inertie de l’administration, on se bat quotidiennement contre les préjugés et les commérages, on court jusqu’à  l’épuisement, on danse jusqu’à  l’évanouissement mais «on ne lâche pas l’affaire!»

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