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Scène Française nº1 - Mr Lune

Date de l'article : lundi 1er octobre 2007

Emission consacrée à Monsieur Lune.

Monsieur Lune

Mieux que Madame Soleil, Monsieur Lune vous promet des lendemains qui chantent, qui gueulent, qui vibrent. Toujours sur le point de basculer. Cordes vocales et cordes sensibles, corde raide et corde au cou. Des lendemains nourris des frayeurs délicieuses et des bonheurs fugaces d’hier, mais qui savent ne jamais succomber à la nostalgie. Des lendemains en équilibre, instables comme il se doit. Et c’est tant mieux.

Quand Nicolas Pantalacci s’aventure sur la scène, quand il défait son baluchon, on ne sait jamais s’il va trébucher ou vous emporter. Mais on est vite partant pour le voyage.

Les coulisses de l’Olympia et la rue Daguerre furent ses cours de récréation et ses terrains vagues, merci Papa, merci Maman. Mi-Zébulon, mi-Schtroumpf, son manège enchanté a des allures de bastringue, dézingué et cabossé. Il entraîne dans ses comptines cruelles toute une troupe de Gavroches tantôt vers le rock, tantôt vers la java. Même s’il a compris que le temps du phalanstère était révolu, il sait cultiver l’esprit de troupe, évite consciencieusement de se prendre au sérieux et jette l’emphase aux orties. Il construit chacune de ses chansons comme autant de nouvelles ironiques et de petits scénarios morbides.

A son panthéon personnel, il met sur un pied d’égalité Higelin et les Têtes Raides, Renaud et Thomas Fersen, Tim Burton et David Lynch. Il a autant écouté Nick Cave ou Tom Waits que Bourvil. Et s’il veille à ne jamais devenir adulte, il a su pour autant se débarrasser des oripeaux adolescents. Et pour mieux faire la nique à la mort, il lui décoche son sourire désarmant, histoire de la mettre en rage. Si ses chansons étaient des dessins, elles emprunteraient leurs traits autant à Sempé qu’à Topor. Avec la gouaille du désespoir.

Monsieur Lune aime à prendre ses bains de minuit dans la mer de l’intranquilité. Et entraîner son public dans les ressacs de l’inconscient. Pierrot a allumé sa chandelle du côté de chez Freud. Et tant pis pour Colombine.

Fabrice Guillermet

Nicolas Pantalacci : Guitare - Chant

Raphaël Bancou : Clavier – Chœurs

Etienne Chenet : Contrebasse

Gaël Derdeyn : Violon - choeurs

Voir en ligne : http://lanimateur.sportblog.fr